Avant de signer avec un grossiste CBD à La Réunion, posez dix questions et exigez que chaque réponse tienne dans un document : certificat d’analyse, offre écrite, contrat, justificatif de douane. Une promesse orale se prouve mal le jour où un lot pose problème, surtout quand le fournisseur est loin et que chaque retour se paie en fret.
Le fil conducteur est le numéro de lot : il doit se retrouver à l’identique sur l’échantillon, sur le certificat d’analyse et sur l’offre. Si les trois documents parlent de trois lots, la discussion est close. Ces questions servent aussi bien à un gérant qui veut revendre du CBD qu’à un porteur de projet qui prépare l’ouverture de sa boutique ou qui lance sa marque (voir notre article sur la marque blanche).
Choisir un grossiste CBD : pourquoi dix questions, et pourquoi par écrit
Parce que ce marché ne se juge pas à l’œil. Dans une étude de la MILDECA publiée en 2023, portant sur 248 produits achetés en France, 12,6 % des produits vendus comme du CBD dépassaient 0,3 % de THC, et 46 % des échantillons ne présentaient aucun étiquetage de leur composition. Ces chiffres ne disent rien de votre futur fournisseur : ils expliquent pourquoi on lui demande des preuves. Le tableau final donne, pour chaque question, la bonne réponse et le signal d’alerte.
Conformité : trois questions
1. Quel est le taux de THC du lot livré, et où est-il écrit ?
Le plafond est de 0,30 % de delta-9-THC : c’est la limite que l’arrêté du 30 décembre 2021, tel que le cite le Conseil d’État, fixe pour les variétés autorisées, pour les extraits de chanvre et pour les produits qui les intègrent. Le taux se lit sur le lot reçu, pas sur la réputation du producteur : demandez le certificat d’analyse de ce lot (comment le lire). Le cadre complet est dans notre point sur l’état du droit.
2. Quelle variété, quel producteur ?
Le même arrêté n’autorise que des variétés inscrites au catalogue commun des variétés des espèces de plantes agricoles, à 0,30 % de delta-9-THC au plus. Demandez donc, par écrit et pour chaque référence, le pays, le producteur ou le fournisseur d’origine, et la confirmation que le lot provient d’une variété inscrite à ce catalogue, avec son nom quand le fournisseur le communique. Le nom commercial d’une fleur (Amnesia, Critical, Gelato…) n’est pas un nom de variété au sens du catalogue : ne confondez pas les deux.
3. Quel laboratoire a analysé le lot, et son accréditation couvre-t-elle cette analyse ?
Pour un laboratoire d’essais, la norme de référence est l’ISO/IEC 17025 : le Cofrac, seul organisme à délivrer des accréditations en France, en atteste la compétence technique et l’impartialité. À notre connaissance, aucun texte ne l’impose pour le CBD, mais c’est un critère vérifiable. Chaque accréditation a une portée précise : elle doit couvrir l’essai pratiqué sur votre lot, ce que le moteur de recherche du Cofrac permet de contrôler pour un laboratoire accrédité en France.
Traçabilité : deux questions
4. D’où vient le lot, et comment a-t-il été cultivé ?
Origine, producteur et mode de culture (serre, intérieur, hydroponique, plein champ) sont des faits de production : ils se documentent. Il y a aussi une raison juridique de les connaître. Selon la directive européenne 85/374/CEE sur les produits défectueux (article 3), le fournisseur est traité comme producteur lorsque le producteur ne peut être identifié, sauf s’il désigne, dans un délai raisonnable, le producteur ou son propre fournisseur.
5. Où figure le numéro de lot, et que reste-t-il de la durée de conservation ?
Le même numéro devrait figurer sur l’emballage, le bon de livraison, la facture et le certificat d’analyse : c’est lui qui permet de retrouver un lot, de le rapprocher de son analyse et, au besoin, de le rappeler. Demandez aussi la date de conditionnement et la durée de conservation restante à la réception : le trajet jusqu’à l’île compte dans cette durée.
Conditions commerciales : trois questions
6. Quel délai de paiement est écrit, et reste-t-il dans la limite légale ?
Entre professionnels, le code de commerce encadre le paiement (article L441-10). Sans délai convenu, il est dû 30 jours après la réception des marchandises. En règle générale, un délai convenu ne peut pas dépasser 60 jours nets à compter de l’émission de la facture ou, si le contrat le prévoit, 45 jours fin de mois ; rien n’empêche d’en convenir un plus court. Les pénalités de retard, d’au moins trois fois le taux d’intérêt légal, sont dues sans rappel. Pour une marchandise importée dans un département d’outre-mer, l’article L441-13 fait en principe courir ces délais à partir du dédouanement au port de destination finale. À faire valider par un expert-comptable ou un avocat.
7. Que se passe-t-il si le lot est refusé, et qui garde l’échantillon témoin ?
Ne laissez pas le retour au hasard. Faites préciser le délai de réclamation, les justificatifs attendus, la solution (remplacement, avoir ou remboursement) et la prise en charge du fret de retour. Ajoutez une règle d’échantillon : chaque partie garde un échantillon scellé du lot livré, pour qu’une contre-analyse puisse trancher un désaccord.
8. Exclusivité, quantités minimales : qu’engage-t-on, et jusqu’à quand ?
Une exclusivité ou un minimum de commande se négocient, mais ils devraient engager les deux côtés. Faites écrire le territoire et la gamme concernés, la durée, la reconduction, ce que le fournisseur s’interdit en retour et la manière d’en sortir. Un minimum se discute par référence et par commande, pas seulement sur l’année. Faites relire ces clauses par un avocat. Et pour mesurer ce qu’un minimum ou une remise change à votre marge, voir notre article sur la marge d’une boutique de CBD.
Logistique vers La Réunion : deux questions
9. Qui paie quoi à l’arrivée : transport, octroi de mer, TVA, transit ?
À l’entrée dans l’île, l’octroi de mer (dû sur les importations quelle que soit leur provenance, à un taux voté par la Région) et la TVA (8,5 % au taux normal, 2,1 % au taux réduit) se liquident sur la déclaration en douane. Le taux qui vous concerne se confirme avec un transitaire ou un expert-comptable. Entre vendeur et acheteur, le contrat répartit transport, taxes et risque : exigez une condition de livraison avec un lieu nommé, que notre lecture d’une offre fournisseur détaille.
10. Quel délai porte à porte, et que prévoit le contrat en cas de retard ?
Un délai sérieux se décompose : préparation, transport, dédouanement, livraison jusqu’à chez vous. Demandez-le étape par étape, avec ce que le contrat prévoit si une étape dépasse, y compris en cas d’alerte cyclonique (notre article sur la livraison à La Réunion explique les délais entre la métropole et l’île).
Les dix questions en un tableau
Pour le rendez-vous avec le fournisseur, voici la grille : la réponse attendue, et ce qui doit vous faire reculer.
| Question | Bonne réponse, par écrit | Signal d’alerte |
|---|---|---|
| 1. THC du lot | Certificat d’analyse portant le numéro du lot livré | « Conforme » sans papier, ou certificat d’un autre lot |
| 2. Variété et producteur | Fiche de lot : pays, producteur, variété inscrite au catalogue | Aucune origine indiquée, producteur que personne ne nomme |
| 3. Laboratoire | Nom, adresse, numéro d’accréditation et portée vérifiables | Logo seul, laboratoire du vendeur, portée absente |
| 4. Origine et culture | Producteur, pays et mode de culture écrits | « Origine Europe » sans producteur nommé |
| 5. Lot et conservation | Même numéro partout, date de conditionnement, durée restante | Numéro valable pour toute la gamme, ou absent du colis |
| 6. Délai de paiement | Délai écrit, dans les plafonds légaux, repris sur la facture | Plafonds dépassés ou rien d’écrit |
| 7. Lot refusé | Délai de réclamation, solution, frais de retour et échantillon témoin écrits | Retours « au cas par cas », fret à votre charge |
| 8. Exclusivité et minimums | Engagement réciproque, durée limitée, sortie écrite | Exclusivité à sens unique, reconduction tacite sans préavis |
| 9. Taxes et transport | Lieu de livraison nommé, qui déclare, qui avance les taxes, qui paie le transit | Livraison « rendue » sans point d’arrivée |
| 10. Délai porte à porte | Délai par étape et recours en cas de retard | Date de départ sans date d’arrivée, « délais indicatifs » |
Chez nous, des professionnels aussi
Weedy Wonka ne vend pas qu’aux particuliers : la maison fournit aussi des revendeurs et des projets de marque. Ses rayons Fleurs et Résines servent de base à cette activité. Elle travaille directement avec des producteurs et les meilleurs grossistes importateurs. Le certificat d’analyse de chaque lot est disponible sur demande.
Questions fréquentes
Comment choisir un grossiste CBD à La Réunion ?
Choisissez-le sur ses documents plutôt que sur ses promesses. Demandez le certificat d’analyse du lot livré, émis par un laboratoire accrédité ISO/IEC 17025, une offre écrite qui dit qui paie le transport et les taxes à l’arrivée, un délai de paiement dans les limites légales, une clause de réclamation et un numéro de lot repris sur tous les documents. Une réponse vague sur l’un de ces points est déjà une réponse.
Un grossiste CBD est-il obligé de fournir une analyse de laboratoire ?
À notre connaissance, aucun texte ne désigne le document qui prouve le taux de THC : le plafond est de 0,30 %, la preuve reste à organiser. Nous recommandons de retenir comme pièce de référence le certificat d’analyse du lot : exigez-le avant la première commande, rattaché au numéro de lot, et gardez-le avec la facture. Un fournisseur qui refuse de le fournir ne vous donne aucun moyen de vérifier.
Que veut dire « laboratoire accrédité ISO/IEC 17025 » ?
Cela signifie qu’un organisme d’accréditation a reconnu la compétence technique et l’impartialité d’un laboratoire d’essais pour une portée précise. En France, cet organisme est le Cofrac, qui propose un moteur de recherche des laboratoires accrédités. Vérifiez que la portée couvre bien l’essai réalisé sur votre lot : un laboratoire peut être accrédité pour certains essais et pas pour d’autres.
Quels délais de paiement la loi autorise-t-elle avec un grossiste ?
En règle générale, un délai convenu ne peut pas dépasser 60 jours nets à compter de l’émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit ; sans accord, le paiement est dû 30 jours après la réception des marchandises. Ce sont des plafonds : un fournisseur peut demander moins. Les pénalités de retard sont dues sans rappel (code de commerce, article L441-10). Pour une marchandise importée dans un département d’outre-mer, l’article L441-13 fait courir les délais à partir du dédouanement. Faites valider votre contrat par un expert-comptable ou un avocat.
En deux mots
Un grossiste se juge à ce qu’il accepte d’écrire : un lot, un laboratoire, un délai, un recours. Posez les dix questions, gardez les réponses, et ne signez que lorsque l’échantillon, le certificat et l’offre parlent du même lot.
THC < 0,3 % conformément à la réglementation en vigueur. Produit réservé aux personnes majeures. Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. Ne se substitue pas à une alimentation variée ni à un avis médical.
