Vapes jetables interdites, batteries usagées : que faire à La Réunion ?

Oui : en France, la vape jetable est interdite à la vente. La loi n° 2025-175 du 24 février 2025 « visant à interdire les dispositifs électroniques de vapotage à usage unique » proscrit sa vente, sa distribution et son offre gratuite, ainsi que sa détention en vue de ces actes. Les cartouches ne sont pas visées.

Le texte porte sur la vente, pas sur ce que devient l’appareil ensuite. Or une vape, jetable ou rechargeable, est en général un petit appareil électronique à batterie au lithium : elle ne va ni à la poubelle, ni au fond d’un tiroir. Voici ce que dit la loi, pourquoi ces appareils posent un problème de déchets, et où les rapporter à La Réunion.

Vape jetable interdite : ce que dit la loi

La loi a été publiée au Journal officiel du 25 février 2025. Elle tient en un article, qui crée notamment l’article L. 3513-5-1 du Code de la santé publique. Quatre points se retiennent.

  • Ce qui est interdit. La mise en vente, la vente, la distribution et l’offre à titre gratuit, ainsi que la détention en vue de ces actes.
  • Ce qui est visé. Les dispositifs de vapotage qui sont « préremplis avec un liquide et ne peuvent être remplis à nouveau », qu’ils aient ou non une batterie rechargeable.
  • Ce qui est exclu. Les cartouches : « Cette interdiction ne s’applique pas aux cartouches. »
  • À partir de quand. Sans délai. Le Sénat avait ajouté un délai de six mois au plus après la publication ; la commission mixte paritaire l’a supprimé, et le texte final ne prévoit ni date d’entrée en vigueur ni période d’écoulement des stocks.

Les agents de la répression des fraudes (DGCCRF) sont habilités à rechercher et constater les infractions. Les sanctions sont pénales : la loi inscrit ces actes parmi les infractions de l’article L. 3515-3 du même code, et les rapports parlementaires chiffraient l’amende à 100 000 euros.

Ce que le texte ne dit pas compte autant. Il vise des actes commerciaux et, à notre connaissance, pas la personne qui possède un appareil. Pour définir un « dispositif électronique de vapotage », il renvoie à l’article L. 3513-1 du même code, dont la définition, selon le rapport du Sénat, ne fait pas de la nicotine une condition. Savoir si tel appareil entre dans ce champ reste une question de droit, que tranchent la DGCCRF puis, le cas échéant, le juge. Enfin, La Réunion n’est pas citée ; seules Wallis et Futuna font l’objet d’une disposition d’extension, et rien, dans ce que nous avons lu, ne distingue l’île du reste du pays.

Pourquoi ces appareils posent un problème de déchets

Les travaux parlementaires décrivent un objet conçu pour être jeté : du plastique, du lithium, et une batterie qu’on ne peut pas retirer, ce qui le rend difficile à collecter et, selon le rapport du Sénat, quasiment impossible à recycler en pratique. Il relève pourtant de la filière des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), où la responsabilité élargie du producteur reste, pour ces appareils, « assez largement théorique », selon le même rapport.

Le lithium et le cobalt comptent parmi les matières premières critiques de la Commission européenne. Et le risque se joue aussi en bout de chaîne : un centre de tri est détruit en moyenne chaque année en France, principalement à cause des piles et batteries au lithium, relève le rapport du Sénat.

Ecosystem, l’éco-organisme des équipements électriques et électroniques, prévoit dans son plan pour les Outre-mer de retirer, à La Réunion, les piles et batteries des petits appareils collectés en mélange avant leur transport maritime, pour prévenir les incendies.

Jetable, rechargeable, cartouche : ce qui change

Type d’appareilCe que dit la loiEn fin de vie
Vape préremplie qu’on ne peut pas remplir à nouveau (« jetable », « puff »)Interdite à la vente, à la distribution et à l’offre gratuite, batterie rechargeable ou non.Petit appareil électronique à batterie : à rapporter à un point de collecte.
Vape rechargeable : un réservoir qu’on remplit, ou une cartouche qu’on changeHors de l’interdiction, à la lecture du texte : l’appareil n’est pas prérempli ou se remplit à nouveau, et les cartouches sont exclues.Même filière que la précédente, dès que la batterie ne sert plus.
Cartouche« Cette interdiction ne s’applique pas aux cartouches. »Pas de batterie : la consigne de tri se demande à sa collectivité.

Le critère n’est donc pas la batterie, mais la possibilité de remplir l’appareil à nouveau : une batterie rechargeable n’exempte pas un appareil prérempli. Rien de tout cela ne change, en revanche, le sort de la batterie quand elle ne sert plus.

Où déposer un vape pen usagé à La Réunion

Le circuit de référence est celui des déchèteries et des points de collecte des collectivités.

En déchèterie

Selon ce plan, La Réunion comptait 43 déchèteries, parmi 51 points de collecte des collectivités, et toutes collectaient les DEEE. La collecte est intercommunale (CINOR, CIREST, CASUD, CIVIS, TCO), d’après la DEAL : adresses, horaires et consignes se vérifient sur le site de votre intercommunalité.

Ce qu’il ne faut pas faire

Pas de poubelle ordinaire : une vape est un déchet d’équipement électrique et électronique, et ses batteries usagées vont, selon la DGCCRF, dans les bacs de collecte des piles et accumulateurs. Pas d’oubli au fond d’un tiroir non plus : une batterie qui ne sert plus se rapporte. Une cartouche vide n’a pas de batterie ; sa consigne de tri est celle de votre collectivité.

Batteries lithium : trois réflexes de sécurité

Les trois viennent des recommandations de la DGCCRF sur les batteries de cigarettes électroniques.

À l’abri de la chaleur et des chocs. Évitez les chocs et toute source de chaleur, surtout pendant la charge, et ne laissez pas une batterie en charge trop longtemps ni sans surveillance. Notre guide de conservation sous climat tropical traite de la chaleur, saison par saison.

Rangée à part, jamais en vrac. Une batterie se range dans un étui isolant, propre et sèche, et ne voyage pas dans une poche au contact de clés ou de pièces de monnaie. En avion, elle obéit en outre à des règles de sûreté propres, que résume notre article sur le voyage avec du CBD depuis La Réunion.

Abîmée, elle ne sert plus. Déformée, la gaine déchirée ou qui fuit, elle ne s’utilise pas, ne se répare pas et ne s’ouvre pas ; en cas de surchauffe inhabituelle, on la remplace, puis on la rapporte.

Chez nous, des vape pens et des cartouches

Le rayon Vapotage regroupe deux vape pens rechargeables, avec un chargeur USB fourni et sans cartouche, et des cartouches de distillat vendues séparément. Ce sont des appareils solides, faits pour durer : on recharge la batterie, on change la cartouche, et l’appareil reste. La façon dont une batterie et une cartouche s’assemblent est expliquée dans notre article sur l’anatomie d’un vape pen ; ce qui fait fuir ou boucher une cartouche, dans celui sur les causes d’une cartouche qui fuit. Le rayon Fleurs, lui, n’a ni batterie ni électronique.

Questions fréquentes

Les vapes jetables sont-elles interdites en France ?

Oui, à la vente. La loi du 24 février 2025 interdit de mettre en vente, de vendre, de distribuer ou d’offrir un dispositif de vapotage prérempli qu’on ne peut pas remplir à nouveau, avec ou sans batterie rechargeable, et d’en détenir en vue de ces actes. Les cartouches sont exclues. Le texte ne prévoit ni délai d’application ni période d’écoulement des stocks.

Que risque un vendeur qui propose encore des vapes jetables ?

Des sanctions pénales. La loi inscrit à l’article L. 3515-3 du Code de la santé publique la vente, la mise en vente et la détention en vue de la vente en violation de l’interdiction, et elle habilite les agents de la DGCCRF à rechercher et constater les infractions. Les rapports parlementaires chiffraient l’amende à 100 000 euros.

Peut-on jeter une vape usagée à la poubelle ?

Non. Une vape contient en général une batterie au lithium et de l’électronique : c’est un déchet d’équipement électrique et électronique, à rapporter à un point de collecte, et ses batteries usagées vont dans les bacs de collecte des piles et accumulateurs, selon la DGCCRF. Le Sénat relève qu’un centre de tri est détruit en moyenne chaque année en France, principalement à cause des piles et batteries au lithium.

Où recycler une vape ou une batterie usagée à La Réunion ?

En déchèterie ou dans un point de collecte des déchets d’équipements électriques et électroniques. Selon le plan d’Ecosystem, les déchèteries de l’île collectaient les DEEE ; l’adresse et les horaires se vérifient auprès de votre intercommunalité (CINOR, CIREST, CASUD, CIVIS ou TCO). Les batteries usagées vont, elles, dans les bacs de collecte des piles et accumulateurs.

Un vape pen rechargeable à cartouche est-il concerné par l’interdiction ?

À la lecture du texte, non : l’interdiction vise les dispositifs préremplis qu’on ne peut pas remplir à nouveau, et elle « ne s’applique pas aux cartouches ». Un appareil rechargeable vendu sans liquide, qu’on équipe d’une cartouche, n’entre pas dans cette définition. En fin de vie, en revanche, il suit la même filière de recyclage que n’importe quel petit appareil à batterie.

En deux mots

L’interdiction vise la vente des appareils préremplis non rechargeables ; elle ne règle pas le sort de ceux qui circulent déjà. Une batterie au lithium ne se jette pas : elle se rapporte en déchèterie ou en point de collecte. Anon, on rapporte la batterie.

THC < 0,3 % conformément à la réglementation en vigueur. Produit réservé aux personnes majeures. Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. Ne se substitue pas à une alimentation variée ni à un avis médical.

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