CBG fleur ou résine : c’est quoi, et qu’y trouve-t-on ?

Le CBG, ou cannabigérol, est un cannabinoïde comme le CBD ou le THC, avec une particularité de taille : sous sa forme acide, le CBGA, c’est lui que la plante transforme pour fabriquer les principaux autres. Il en reste généralement très peu à la récolte, d’où son étiquette de « cannabinoïde mineur ». Une fleur CBG vient donc, en principe, d’une variété sélectionnée pour que cette transformation soit freinée. Ce que contient réellement un lot, fleur ou résine, ne se lit que sur son analyse.

CBGA : la molécule d’où part la plante

Dans la plante vivante, les cannabinoïdes ne naissent pas sous la forme qu’on lit sur une fiche. La chaîne commence avec deux composés plus simples, l’acide olivétolique et le pyrophosphate de géranyle, qu’une enzyme assemble en CBGA, l’acide cannabigérolique. C’est le premier cannabinoïde fabriqué, et le point de départ des autres : des enzymes spécialisées, les synthases, le convertissent chacune en un cannabinoïde différent.

Point de départCe qui agitCe que ça donne
Acide olivétolique et pyrophosphate de géranyleUne enzyme d’assemblage (prényltransférase)CBGA
CBGATHCA synthaseTHCA
CBGACBDA synthaseCBDA
CBGACBCA synthaseCBCA
CBGA, THCA, CBDA (formes acides)Aucune enzyme : la chaleur, ou lentement le tempsCBG, THC, CBD (formes neutres)

La dernière ligne est la décarboxylation : chaque forme acide perd son groupe acide, sans enzyme, avec la chaleur ou, plus lentement, au fil du stockage. C’est pourquoi une analyse affiche deux lignes par molécule, comme le détaille notre article sur la lecture d’un COA pour le CBD. Inutile de retenir les noms d’enzymes : pensez à une chaîne de montage, où le CBGA est la matière première et chaque synthase un poste.

Pourquoi le CBG est rare dans une plante classique

Parce qu’il est un passage, pas une arrivée. Dans une plante dont les synthases fonctionnent, le CBGA est converti au fur et à mesure qu’il est fabriqué, comme les pièces d’une chaîne de montage efficace : il en reste peu sur le tapis à la fin. Le programme chanvre de l’université Cornell l’écrit ainsi : la plupart des cultivars de chanvre ont une faible teneur en CBG, inférieure à 1 %. D’où le mot « mineur » : il décrit une quantité, pas un rang.

Des variétés sélectionnées pour le CBG

Certaines plantes ont un poste de la chaîne qui ne fonctionne pas. Chez elles, la synthase qui transformerait le CBGA en THCA ou en CBDA est inactive ou presque, et le CBGA s’accumule. Des travaux de génétique montrent que ce caractère dépend d’un seul gène, dans une version peu fonctionnelle qu’il faut avoir héritée des deux parents. Des plantes à CBG dominant ont été décrites dès 1987, puis retrouvées dans plusieurs chanvres à fibres, et des cultivars en ont été tirés depuis ; notre article sur la naissance d’une variété détaille le croisement, le phénotype et le travail du breeder.

Le résultat n’est pas toujours stable. Dans un essai de l’université Cornell, douze cultivars de chanvre « CBG » ont été cultivés sur un même site pendant une saison : la plupart avaient une THCA synthase inactivée, mais, selon les auteurs, beaucoup de cultivars diffusés n’étaient stables ni pour la floraison ni pour le profil en cannabinoïdes. Un nom de variété « CBG » ne vaut donc pas garantie, lot après lot.

Et une récolte plus précoce ?

Une hypothèse simple : le CBGA étant transformé au fil de la maturation, récolter plus tôt en laisserait davantage. Les données que nous avons lues sont minces et ne vont pas toutes dans ce sens. Une étude parue dans la revue Agronomy a comparé sept variétés de chanvre à quatre stades de développement ; seule Santhica 27 contenait du CBG en quantité notable. Dans ses inflorescences, la teneur atteignait environ 0,5 % en pleine floraison, contre environ 0,14 % à la maturité des graines. Pour viser le CBG, les auteurs recommandent donc une récolte au stade des boutons floraux ou en pleine floraison. Ils notent aussi qu’à maturité, la récolte d’inflorescences de cette variété est presque deux fois plus abondante, et que d’autres travaux sur la même variété n’ont constaté aucune incidence de la date de récolte. Une variété, une saison : une piste, pas une règle.

CBG, CBD, THC : trois molécules, trois noms à ne pas mélanger

Les trois abréviations se ressemblent, et une fiche pressée les mélange vite. Ce sont trois molécules distinctes, chacune avec sa forme acide et ses propres lignes sur une analyse.

AbréviationNom completForme acidePlace dans la chaîneLignes à chercher sur l’analyse
CBGcannabigérolCBGAPoint de départCBG et CBGA
CBDcannabidiolCBDAIssu du CBGA par la CBDA synthaseCBD, CBDA et CBD total
THCtétrahydrocannabinolTHCAIssu du CBGA par la THCA synthaseTHC, THCA et, quand il est affiché, THC total

Aucune de ces lignes ne remplace une autre : un taux de CBD ne dit rien du taux de CBG, et le « total » d’une molécule ne se déduit pas de celui d’une autre.

Vient ensuite, immanquablement, la question du ressenti. On n’a pas le droit de parler d’effets, et de toute façon ce n’est pas notre métier. Ce qu’on peut vous dire, c’est ce qu’il y a dedans et comment c’est fait.

Fleur CBG, résine CBG : ce que doit montrer la fiche

Une fleur et une résine « CBG » ne se lisent pas tout à fait de la même façon. Dans une fleur, le CBG est ce que la plante a gardé de sa chaîne de fabrication. Une résine rassemble des têtes de trichomes (notre article sur la résine de CBD explique comment) : son analyse porte sur la résine elle-même, pas sur la plante dont elle est tirée. La mention « CBG » d’une résine se vérifie donc sur son lot, pas sur la réputation de la plante de départ.

  • Une analyse du lot, avec numéro de lot, laboratoire et date : sans elle, « CBG » est un mot, pas une mesure.
  • Deux lignes distinctes, CBGA et CBG, comme pour le CBD et le CBDA : une seule ligne sans précision laisse un doute sur ce qui a été mesuré.
  • Les lignes THC (delta-9-THC, THCA et, quand il est affiché, THC total), quelle que soit la molécule mise en avant : le seuil de 0,3 % porte sur le THC, pas sur le nom du produit.
  • La nature du produit : variété, origine et mode de culture pour une fleur ; style, origine et procédé pour une résine.

Et la loi ? À vérifier, pas à supposer

Notre article sur l’état du droit du CBD résume les deux repères : un seuil de moins de 0,3 % de THC dans le produit fini (arrêté du 30 décembre 2021) et la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022, qui a annulé l’interdiction de vendre les fleurs et les feuilles. Ces textes fixent la règle à partir du THC ; à notre connaissance, ils ne nomment pas le CBG, et nous ne lui prêtons donc aucun statut propre, ni dans un sens ni dans l’autre. Le cadre général est dans notre guide du CBD à La Réunion ; pour un cas précis, la source reste le texte lui-même, ou un professionnel du droit.

Chez nous, une fleur et une résine « CBG »

Au catalogue, Lemon Punch CBG est une fleur de greenhouse venue de Grèce, et Ice CBG une résine française « au CBG ». On les trouve au rayon Fleurs et au rayon Résines. Les fiches n’affichent aucun taux de CBG, et nous n’en citons donc aucun ici : pour un produit « CBG », la seule base solide est l’analyse d’un lot.

Questions fréquentes

C’est quoi le CBG ?

Le CBG, ou cannabigérol, est un cannabinoïde de la plante de chanvre. Sa forme acide, le CBGA, est le premier cannabinoïde que la plante fabrique : des enzymes, les synthases, le transforment ensuite en d’autres cannabinoïdes acides, dont le CBDA et le THCA, qui donnent à leur tour le CBD et le THC. Il en reste généralement très peu à la récolte, d’où le nom de cannabinoïde mineur.

Quelle différence entre le CBG et le CBD ?

Ce sont deux molécules distinctes, chacune avec ses lignes sur une analyse. Le CBG, sous sa forme acide (CBGA), est le point de départ : la CBDA synthase le transforme en CBDA, qui perd ensuite son groupe acide pour devenir du CBD. Un taux de CBD ne dit donc rien du taux de CBG, et inversement : les deux se lisent séparément, lot par lot.

Pourquoi trouve-t-on si peu de CBG dans une fleur classique ?

Parce que la plante le transforme au fur et à mesure qu’elle le fabrique. Le CBGA est converti par des enzymes en d’autres cannabinoïdes, si bien qu’il en reste peu à la récolte : la plupart des cultivars de chanvre en contiennent moins de 1 %. Les variétés sélectionnées pour le CBG ont une enzyme inactive, ou presque, qui laisse le CBGA s’accumuler.

Que doit montrer la fiche d’un produit CBG ?

La nature du produit (variété, origine, mode de culture pour une fleur ; style et procédé pour une résine) et une analyse du lot avec numéro de lot, laboratoire et date. L’analyse doit séparer les lignes CBGA et CBG et chiffrer les lignes THC. Un nom ou un chiffre sans lot ne se vérifie pas.

Le CBG est-il légal ?

Les textes que nous citons ne lui donnent pas de statut propre, à notre connaissance : ils fixent la règle à partir du THC, avec un seuil de moins de 0,3 % dans le produit fini. Un produit « CBG » se lit donc d’abord à ses lignes THC, sur l’analyse du lot. Nous ne tranchons pas au-delà : pour un cas précis, la source reste le texte lui-même, ou un professionnel du droit.

En deux mots

Le CBG vient du CBGA, le point de départ de la chaîne : la plante le fabrique en premier, puis en transforme l’essentiel en d’autres cannabinoïdes, ce qui explique qu’il en reste si peu. Un produit « CBG » vient en principe d’une plante sélectionnée pour freiner cette transformation ; fleur ou résine, il se lit comme le reste : lot, laboratoire, deux lignes distinctes, lignes THC. Sa i fé plézir, un certificat d’analyse bien rempli.

THC < 0,3 % conformément à la réglementation en vigueur. Produit réservé aux personnes majeures. Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. Ne se substitue pas à une alimentation variée ni à un avis médical.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Panier