Ice O Lator CBD, Ice Pollen, dry sift : trois façons de séparer les trichomes

Ice O Lator CBD, Ice Pollen, dry sift : trois noms que l’on croise sur les fiches de résines, et derrière eux un même but. Il s’agit de séparer de la plante la résine des trichomes, ces minuscules glandes, sans la dissoudre dans quoi que ce soit. Trois procédés y parviennent : le tamis à sec, l’eau glacée à froid, la presse avec de la chaleur. Voici ces procédés, du plus ancien au plus récent, ce que chaque nom dit du procédé employé, et ce que « sans solvant » promet, ou ne promet pas.

Un mot sur « Ice-O-Lator » : à l’origine, c’est le nom d’un système de sacs filtrants pour l’eau glacée, pas celui d’une variété.

Trois procédés, un même principe

Une fleur de chanvre est couverte de trichomes. Ceux qui nous occupent portent au bout d’une tige une petite tête arrondie : une étude botanique sur des inflorescences de cannabis mesure ces têtes entre 40 et 110 micromètres de diamètre, soit de 0,04 à 0,11 millimètre. Elles concentrent les cannabinoïdes et les composés aromatiques ; les séparer du reste de la plante, c’est concentrer l’essentiel sur un volume minuscule. On les observe à la loupe dans notre article sur les trichomes, les pistils et les couleurs d’une fleur.

Les trois procédés ne diffèrent que par la façon de séparer ces têtes, ou leur résine, du reste de la plante. Dans les trois cas, on ne fabrique pas de résine, on la trie et on la rassemble.

Le dry sift : tamiser à sec

C’est la voie traditionnelle, avec le frottage, selon l’Agence de l’Union européenne sur les drogues. Au Maroc, un rapport de terrain décrit des plants que l’on bat ou secoue au-dessus d’un fin voile de nylon tendu ; le frottage de sommités fraîches entre les paumes est décrit, lui, en Asie du Sud et du Sud-Ouest par le manuel des laboratoires d’analyse des Nations unies.

Le principe tient en une image : une toile à mailles fines sur laquelle on agite la matière sèche. Les têtes de trichomes traversent la toile ; le reste de la plante, plus gros, reste dessus. Le Grand dictionnaire terminologique québécois décrit cette poudre comme un extrait « ayant un aspect de pollen », obtenu par criblage des trichomes, avec pour équivalents anglais kief, dry sift et pollen : le mot « pollen » du métier vient de l’aspect de la poudre, non de la plante.

Côté matériel, on va du simple tamis au tambour tournant tapissé d’une toile fine, que le manuel des Nations unies compare à un sèche-linge : on en attribue l’invention, au milieu des années 1990, à Mila Jansen, figure de la résine à Amsterdam. Le tamisage livre une poudre fine, laissée telle quelle ou comprimée ensuite pour en faire la résine telle qu’on la connaît.

Résine à l’eau glacée : la séparation à froid

Deuxième voie : on remplace l’air par de l’eau froide. Le froid rend les têtes de trichomes plus faciles à décrocher (l’agence européenne cite l’eau glacée et la glace carbonique pour faciliter leur détachement), l’agitation fait le reste, et l’eau emporte ce qui s’est détaché : les fragments de plante restent plus volontiers dans le sac de départ pendant que les têtes se déposent. Le mélange passe ensuite à travers des filtres de maillages décroissants, qui trient par taille comme la toile du tamis. On parle de « bubble hash » ou, plus simplement, de résine à l’eau glacée. Après l’eau vient le séchage, une étape que le tamisage à sec ne connaît pas.

C’est ici que le nom Ice-O-Lator entre en scène : des sacs filtrants de ce nom, lancés par Mila Jansen en 1998. Les récits divergent sur la paternité de l’idée : un inventeur suisse installé en Californie avait présenté l’année précédente un extracteur à eau glacée breveté, et d’autres revendiquent l’idée des sacs superposés. Nous nous en tenons à ce que les sources ont en commun : un nom, un système de sacs, une année.

Le pressage à chaud : le rosin

Troisième voie, la plus récente, et la seule qui chauffe : on applique chaleur et pression à de la fleur, ou à de la résine déjà séparée, jusqu’à ce que la résine s’écoule hors de la matière végétale à travers un filtre. L’agence européenne le nomme « rosin », et la presse spécialisée date du début de 2015 la diffusion en ligne de la technique. Pas de solvant, donc, mais pas de froid non plus.

Les trois procédés côte à côte

ProcédéPrincipeMatériel, en grosCe que « sans solvant » veut dire ici
Dry sift (tamisage à sec)Les têtes se détachent par frottement et traversent une toile qui trie par tailleToiles de maillages différents, parfois un tambour tournantNi eau ni liquide : séparation purement mécanique
Eau glacée (bubble hash, Ice-O-Lator)Le froid fragilise les têtes, l’agitation les décroche, l’eau les emporte vers des filtres graduésEau, glace, sacs filtrants à mailles calibréesL’eau est le milieu de travail, rien ne dissout la résine ; séchage ensuite
Pressage à chaud (rosin)Chaleur et pression font s’écouler la résine hors de la matière végétale, à travers un filtrePlaques chauffantes, presse, filtreAucun solvant, mais ce n’est pas un procédé à froid

Trois choses qui font varier le rendu

  • La maille. Les toiles et les filtres se comptent en microns. Une maille trie par taille, pas par qualité : un débris de feuille et une tête de trichome de même taille passent ensemble, d’où les passages successifs et les « grades ».
  • La température. Le froid est la condition de l’eau glacée : il rend les têtes cassantes, alors que trop d’agitation peut les rompre. Au pressage, c’est l’inverse : la chaleur est le moteur.
  • La matière première. Séparer n’est pas assainir : l’état de la plante de départ, son séchage, d’éventuels résidus de culture peuvent suivre les trichomes dans la résine. Le mieux qu’un procédé puisse faire, c’est trier ce qu’on lui donne.

Ice-O-Lator, « à froid », « sans solvant » : lire une fiche

« Sans solvant » décrit la façon dont la résine a été séparée de la plante : par des moyens physiques, sans rien pour la dissoudre. Cela ne dit rien de la composition finale (CBD total, delta-9-THC, humidité, résidus éventuels), qui dépend de la plante de départ et se lit sur l’analyse du lot : notre article sur la lecture d’un certificat d’analyse montre où regarder. Les extraits par solvant relèvent d’un autre principe.

« À froid » décrit la température de l’étape de séparation, et d’elle seule. Une résine peut être séparée à froid, puis séchée, puis comprimée en plaquette ou en boule : la mention ne dit rien de ces étapes-là.

Reste le cas des noms. « Ice-O-Lator » désigne à l’origine un matériel ; sur une fiche, il peut désigner une résine séparée à l’eau glacée sans dire quel matériel a servi. « Ice pollen » n’a pas de définition normalisée : « pollen » est un mot du métier pour la poudre de trichomes tamisée, « ice » évoque le froid, celui de l’eau glacée comme celui de la glace carbonique, et le nom seul ne dit pas quel principe a été employé. Dans les deux cas, ce qui fait foi, c’est la ligne de la fiche qui décrit le procédé, l’origine et le lot, pas le nom commercial. Pour la couleur et la texture d’une résine, voir notre article sur ce que disent la couleur et la texture ; pour les noms de style comme Ketama ou Olivette, celui sur les noms de résines.

Chez nous, au rayon Résines

Au rayon Résines, la fiche Ice O Lator décrit une résine française, extraite à l’eau glacée, à froid, sans solvant ; la fiche Ice Pollen, un concentré de trichomes d’origine italienne ; la fiche Rosin, un extrait premium français sans solvant. Le rayon compte d’autres résines, de styles et d’origines variés ; leur fabrication en général est expliquée dans notre article sur la résine de CBD et sa fabrication. Les fleurs, où l’on observe ces trichomes à la loupe, ont leur propre rayon : Fleurs.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’Ice-O-Lator ?

C’est d’abord le nom d’un système de sacs filtrants pour la séparation à l’eau glacée, lancé en 1998 par Mila Jansen, à Amsterdam. Le nom s’est ensuite glissé dans celui de résines obtenues par ce procédé. Il ne dit rien du matériel employé pour une résine donnée : seules la fiche et l’analyse du lot renseignent sur le procédé et la composition.

Quelle différence entre le dry sift et la résine à l’eau glacée ?

Le milieu de travail : l’air d’un côté, l’eau froide de l’autre. Le dry sift détache les têtes de trichomes à sec, sur des toiles qui trient par taille ; la résine à l’eau glacée fait le même travail dans l’eau froide, avec des filtres gradués, puis doit être séchée. Même principe, aucun solvant dans les deux cas.

« Sans solvant » veut-il dire résine pure ?

Non. « Sans solvant » décrit la façon dont la résine a été séparée de la plante : par des moyens physiques, sans rien pour la dissoudre. La composition finale (CBD total, delta-9-THC, humidité, résidus éventuels) dépend de la plante de départ et se lit sur l’analyse du lot. Séparer n’est pas assainir.

Le rosin est-il une résine à froid ?

Non. Le rosin s’obtient en appliquant chaleur et pression à de la fleur ou à de la résine déjà séparée : il est sans solvant, mais pas à froid. La mention « à froid » ne qualifie que les procédés où la séparation se fait sans chauffer, comme le tamisage ou l’eau glacée, et seulement cette étape.

Qu’est-ce que l’Ice Pollen ?

Le terme n’a pas de définition normalisée. « Pollen » désigne, dans le vocabulaire du cannabis, la poudre de trichomes obtenue par tamisage, et « ice » évoque le froid ; seule la fiche du produit dit comment le concentré est obtenu. Au catalogue, Ice Pollen est une résine italienne présentée comme un concentré de trichomes.

En deux mots

Dry sift, eau glacée, pressage à chaud : trois chemins vers les mêmes têtes de trichomes. Un nom comme Ice-O-Lator ou Ice Pollen dit d’où l’on vient, pas ce que contient la résine : pour cela, il y a l’analyse du lot. Aou i koné pa ? Le procédé est écrit sur la fiche, il suffit de la lire jusqu’au bout.

THC < 0,3 % conformément à la réglementation en vigueur. Produit réservé aux personnes majeures. Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. Ne se substitue pas à une alimentation variée ni à un avis médical.

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