Une fleur de CBD est l’inflorescence femelle d’une plante de chanvre, récoltée, séchée puis triée, et vendue telle quelle : de la matière végétale brute, ni un extrait ni un produit fini. La plante est Cannabis sativa L., la même espèce que celle qu’on appelle cannabis (la nuance de vocabulaire est dans notre article sur le chanvre et le cannabis) ; pour la loi, ce qui compte n’est pas le nom de la plante, mais la variété et une teneur en THC qui ne dépasse pas 0,3 %.
Voici les mots dans l’ordre : ce que contient une fleur, comment elle passe de la plante au bocal, en quoi elle diffère d’une résine ou d’une cartouche, et ce qu’une fiche sérieuse doit en dire.
C’est quoi, une fleur de CBD ? La définition, mot à mot
Inflorescence. Ce que le commerce appelle « une fleur » n’en est pas une au sens strict. En botanique, c’est une inflorescence : de nombreuses petites fleurs femelles portées par des tiges très ramifiées, que les articles scientifiques décrivent comme une grappe composée. Ce qu’on pèse en boutique est un morceau de cette grappe.
Femelle. Le chanvre est le plus souvent dioïque : il existe des pieds mâles et des pieds femelles (des variétés monoïques, qui portent les deux sortes de fleurs, ont été sélectionnées). Seules les inflorescences femelles se vendent comme fleurs, parce que ce sont elles qui portent en abondance les glandes à résine. Le rôle de chaque sexe est expliqué dans notre article sur les plantes mâles et femelles.
Séchée, triée. Les tissus frais du chanvre contiennent 70 à 80 % d’eau. Avant d’être vendues, les fleurs sont taillées, séchées et affinées ; le commerce les trie ensuite par calibre.
Matière brute. C’est ce qui sépare la fleur du reste du rayon : elle n’a subi ni extraction ni mélange. Une résine et une cartouche sont, elles, fabriquées à partir de la plante.
CBD. Le sigle ne désigne pas la plante mais l’une de ses molécules, le cannabidiol ; on dit donc aussi « fleur de chanvre », du nom de la plante. Côté droit, l’arrêté du 30 décembre 2021 plafonne le THC à 0,3 %, et le Conseil d’État a annulé le 29 décembre 2022 son interdiction de vendre ces fleurs brutes aux consommateurs : le détail est dans notre article sur l’état du droit.
Ce que contient une fleur : le vocabulaire de l’anatomie
Du plus gros au plus petit, voici les mots qu’on croise sur une fiche ou dans un article.
| Mot | Ce que c’est |
|---|---|
| Tête de CBD (ou « bud ») | Un morceau d’inflorescence, tel qu’il est trié et vendu. « Tête » est le terme français courant, « bud » l’anglais : des mots de commerce. |
| Bractée | Petite feuille modifiée qui enveloppe l’ovaire de chaque fleur femelle. Les articles scientifiques disent « bractée périgonale » ; on rencontre aussi le mot « calice ». |
| Pistil | Le mot courant pour les filaments qui dépassent des bractées. Ce sont les deux stigmates de chaque fleur, la partie qui reçoit le pollen. Blanc jaunâtre au départ, ils tirent vers l’orange et le brun en mûrissant. |
| Trichome | Minuscule poil de la plante. Ceux qui comptent ici sont glandulaires : une tête ronde qui fabrique et stocke la résine, où s’accumulent les cannabinoïdes. Les trichomes à pied se trouvent sur les bractées et les petites feuilles voisines. |
| Feuille de sucre | Petite feuille qui accompagne les fleurs, à ne pas confondre avec les grandes feuilles en éventail, retirées lors de la taille. Selon la façon dont la fleur a été taillée, elle reste plus ou moins présente sur la tête ; elle porte elle aussi des trichomes. |
Pour regarder tout cela de près, avec les types de trichomes et la couleur des pistils, il y a notre article sur la fleur de CBD à la loupe.
De la plante à la boutique : cinq étapes
Tout part d’une culture, sous serre, en intérieur, en hydroponie ou en plein champ : le mode de culture s’indique sur la plupart des fiches de notre rayon. Ensuite, cinq étapes séparent la plante du sachet. La liste donne l’ordre et le sens ; les modes de culture, le séchage et l’affinage ont leur propre article, celui qui compare les fleurs indoor, greenhouse et hydroponiques.
- 1. La récolte. Beaucoup de producteurs en choisissent le moment d’après la couleur des trichomes, observée sous grossissement, qui change à mesure que la fleur mûrit. Les fiches d’universités américaines que nous avons lues conseillent de ne pas s’en tenir à ce repère visuel : des analyses de THC et de CBD doivent guider la décision. La récolte se fait souvent à la main.
- 2. La taille. On retire les grandes feuilles en éventail, les tiges et les racines ; restent les têtes et leurs feuilles de sucre. Selon une fiche de l’université d’État de l’Oregon, tailler ces petites feuilles avant le séchage ou après est au choix du producteur.
- 3. Le séchage. Il retire l’eau. La méthode la plus courante est un séchage lent, dans un local sombre et ventilé.
- 4. L’affinage. L’affinage (curing) laisse ensuite la composition de la fleur évoluer pendant un temps, pour en améliorer la qualité et les arômes ; la même fiche note que cette phase reste peu explorée par la recherche.
- 5. Le tri. Le tri par calibre (small buds, medium, big) relève des usages du commerce : les fiches universitaires lues n’en parlent pas, et, à notre connaissance, aucun texte officiel n’en fixe les seuils.
Fleur, résine, cartouche : trois formes d’une même plante
Un rayon de CBD présente trois formes. Elles partent de la même plante, mais pas du même stade de transformation. Ce qui suit les décrit, sans les classer.
- La fleur est la plante elle-même, séchée et taillée : c’est pourquoi on y lit encore l’anatomie décrite plus haut.
- La résine rassemble la partie résineuse de la plante : les trichomes, séparés du reste puis laissés en poudre ou pressés. Le résultat n’a plus la forme d’une inflorescence.
- La cartouche contient un extrait de la plante, conditionné pour un appareil de vaporisation. Ce n’est plus de la matière végétale brute.
Ce que doit dire une fiche de fleur
Une fleur est une plante récoltée. Pour la décrire, une fiche doit répondre à quatre questions.
- Laquelle ? La variété, sous le nom que lui donne le vendeur. Un nom ne garantit, à lui seul, ni une lignée ni une composition.
- D’où ? L’origine : un pays et, si possible, un producteur.
- Comment ? Le mode de culture : serre, intérieur, hydroponie ou plein champ.
- Quand ? Le lot : un numéro et une date qui relient la fleur à une récolte.
Le taux de THC et de CBD n’est dans aucune de ces quatre réponses : c’est une mesure, qui vient de l’analyse d’un lot, pas d’une déclaration.
Chez nous, un rayon pour chaque forme
Chez nous, la fleur de CBD à La Réunion a son rayon Fleurs, dont les fiches indiquent pour la plupart le mode de culture, l’origine et le calibre (small buds ou medium/big). Les rayons Résines et Vapotage présentent les deux autres formes. Nous travaillons directement avec des producteurs et les meilleurs grossistes importateurs ; les bases générales sont dans notre guide du CBD à La Réunion.
Questions fréquentes
C’est quoi, une fleur de CBD ?
Une fleur de CBD est l’inflorescence femelle d’une plante de chanvre, séchée, taillée et triée, vendue sans extraction ni mélange. Elle porte des trichomes, les glandes où s’accumulent la résine de la plante et ses cannabinoïdes, dont le CBD. C’est de la matière végétale brute, à la différence d’une résine, qui concentre les trichomes, ou d’une cartouche, qui contient un extrait.
Une fleur de CBD, est-ce du cannabis ?
Botaniquement, oui : c’est la même espèce, Cannabis sativa L. Ce que la loi retient, c’est la variété et la teneur en THC, qui ne doit pas dépasser 0,3 %. Une fleur de CBD vendue en France doit donc venir d’une variété inscrite au catalogue européen ou français et ne pas dépasser ce seuil, ce qui se mesure et ne se voit pas à l’œil.
Quelle différence entre fleur, tête et bud ?
Aucune sur le fond : ce sont trois façons de nommer la même chose. « Fleur » est le mot courant, « tête » le terme français du commerce pour un morceau d’inflorescence tel qu’il est trié et vendu, « bud » son équivalent anglais. En botanique, l’ensemble s’appelle une inflorescence.
Pourquoi les fleurs de CBD viennent-elles de plantes femelles ?
Parce que ce sont les inflorescences femelles qui portent le plus de trichomes, ces glandes où s’accumule la résine. Les plantes mâles ne produisent que de petites quantités de cannabinoïdes, et le chanvre est le plus souvent dioïque : pieds mâles et pieds femelles sont distincts. Seules les inflorescences femelles se vendent donc comme fleurs.
En deux mots
Une fleur de CBD, c’est une inflorescence femelle de chanvre, séchée et triée, vendue telle quelle : la plante, pas un extrait. Ce qui la distingue d’une autre tient en quatre questions : laquelle, d’où, comment, quand. Anon, ouvrons le bocal.
THC < 0,3 % conformément à la réglementation en vigueur. Produit réservé aux personnes majeures. Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes. Ne se substitue pas à une alimentation variée ni à un avis médical.
